| Durabilité au lieu de concurrence - Manifeste pour une Europe nouvelle |
Pour le 50ème anniversaire de l’UE, l’Internationale des Amis de la Nature demande un changement de compétition et concurrence de la stratégie de Lisbonne, vers un nouveau contrat de société qui met en pratique des principes de la durabilité. C’est pourquoi l’IAN publie un Manifeste pour une Europe nouvelle.
Introduction
En 1990, l’Internationale des Amis de la Nature (IAN) a publié un premier Manifeste pour une Europe nouvelle – ouverte, écologique, sociale. Sur cette base nous avons accompagné le processus d’unification européenne les derniers 17 ans. Le parcours pour construire une Europe ouverte, sociale, pacifique et écologique qui doit avoir conscience de sa responsabilité pour ses propres populations, pour le monde et pour les générations futures, a été jalonné d’espoir et de résignation, d’erreurs et de bonnes perspectives, d’amorces positives et de problèmes de mise en œuvre, de bonnes décisions et d’actes restés sans conséquences. À l’occasion du 50ème anniversaire de la création de l’Union Européenne, le moment est venu de tirer un bilan critique, d’opérer une césure politique et de développer de nouvelles perspectives, du changement climatique jusqu'à la migration et du génie génétique aux déficits démocratiques. La politique européenne des prochaines vingt années jouera un rôle capital pour la (sur) vie du monde. Les limites de croissance en termes sociaux et écologiques sont dépassées, le moment est venu de gérer l’avenir d’après les critères du développement durable. C’est pourquoi le regard dans l’avenir devrait être le cœur de toutes les fêtes du 50ème anniversaire de l’UE. Analyse – L’Europe actuelle Christian Baumgartner, secrétaire général de l’international des Amis de la Nature: « Nous avons besoin qu’une nouvelle conception de l’Europe s’impose, un repositionnement de l’Union européenne dans le contexte mondial, comme une Union socialement équitable, écologique, démocratique et respectueuse des droits de l’homme. » La concurrence, la croissance économique et l’accroissement du profit sont les centres de gravité dans un monde caractérisé par l’extension des modes économiques et de vie capitalistes, par le « tout-économie ». Les aspirations de l’homme à un travail satisfaisant et garantissant une base d’existence, au temps libre et à la protection sociale – bref : à la prospérité et à une vie agréable - sont négligées dans ce contexte. Les conséquences en sont l’approfondissement du fossé entre riches et pauvres et l’exclusion de ceux qui ne sont pas « compétitifs ». D’après Baumgartner : « Aujourd’hui nous avons en Europe une politique de « non-durabilité ». La consommation de ressources et de surfaces, les émissions polluantes, le changement climatique et la dégradation de l’environnement, l’appauvrissement de la biodiversité, les maladies et le stress au travail, la désolidarisation ainsi que le racisme et la discrimination contribuent à une diminution de la qualité de vie des citoyens de l’Europe. » Objectif: Développement durable Le Manifeste des Amis de la Nature demande un nouveau contrat de société en application des principes de la durabilité. Le principe de la durabilité implique une redéfinition du succès économique et une notion de progrès radicalement nouvelle : le succès économique doit se définir en premier lieu en termes de prospérité pour tous – y compris les femmes, les personnes âgées et les migrants – et doit se mesurer à la mise en œuvre de cet objectif. L’orientation exclusive vers la croissance quantitative économique entraîne la surexploitation impitoyable des ressources. Si l’on veut empêcher la catastrophe écologique, la sortie du nucléaire et de l’énergie fossile doit être entamée aussitôt, en même temps que le passage aux énergies renouvelables et la réduction des émissions de CO2. Le développement durable repose sur les valeurs fondamentales de justice et de solidarité et leur rajoute la responsabilité globale et les droits des générations futures. Ce sont la participation, l’intégration – avec les mêmes droits – de tous les individus et la modernisation écologique de l’économie et de la société qui sont au cœur du développement durable Il s’agit notamment de mettre le doigt sur le clivage flagrant entre nos savoirs et nos actes : partout où les valeurs sociales doivent faire face à la concurrence d’une conception néolibérale du monde. Concernant la responsabilité globale de l’Europe Baumgartner dit que: « L’Europe doit se définir et se concevoir comme une alternative au néolibéralisme actuel et, consciente de sa responsabilité planétaire, exercer son action au plan global. L’éradication de la pauvreté, un ordre économique mondial équitable, la politique de la paix, la responsabilité sociale et une gestion démocratique de ses sociétés sont les tâches centrales de l’Europe. Elle doit aussi imposer ces objectifs aux institutions internationales comme l’AGCS (Accord général sur le commerce des services), la Banque mondiale et entre autres. » |





